Le cinéma algérien

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Le cinéma algérien

Message par oBen le 05.01.08 18:22

Cinéma algérien
«Une affaire d’argent»
[size=7]Par Yacine Idjer


[size=9]Opinion n «Le cinéma est une affaire d’argent même si on est mauvais cinéaste», a déclaré le cinéaste Ali Ghanem à InfoSoir.
Le réalisateur a estimé en effet que pour que le cinéma renaisse et reprenne sa place dans les festivals internationaux, comme ça été le cas dans les années 1970 et 1980, il faut de l’argent.
«Ma philosophie consiste en ce que l’Etat doit – c’est un devoir qui lui incombe – accorder plus d’intérêt au cinéma en lui consacrant un grand budget. Il doit le soutenir à grande échelle », a-t-il souligné. Ainsi, tant qu’il n’y a pas en Algérie de cinéma privé, un cinéma sponsorisé par des producteurs privés, la pratique cinématographique reste tributaire de l’Etat. «On ne peut pas faire de films commerciaux, parce que cela nécessite beaucoup de moyens financiers et techniques. En outre, faire un film demande sa diffusion. Il est alors impossible de le rentabiliser», a-t-il souligné. Cela revient à dire que le cinéma algérien relève du domaine culturel dans la mesure où il s’inscrit dans un répertoire défini, à savoir le film d’auteur. Un cinéma traitant de la réalité sociale et politique.
S’exprimant ensuite sur la production cinématographique enregistrée ces dernières années, Ali Ghanem a déclaré franchement et sans complaisance : «Aucun film ne m’a intéressé.» Et d’enchaîner aussitôt : «Pour qu’un film me touche, il faut qu’il y ait de l’émotion, il se trouve qu’il n’y en a pas. Et si j’en regarde parfois c’est seulement par curiosité, juste pour voir comment il est fait.»
Par ailleurs, Ali Ghanem réfute tout discours prétendant que le cinéma algérien est en train de renaître. «Contrairement à ce que disent certains sur une supposée renaissance du cinéma algérien, la réalité est tout autre. Moi je ne vois aucune amélioration, parce que le cinéma continue de connaître beaucoup de difficultés. Il y a eu cette année la manifestation «Alger, capitale de la culture arabe» qui a mis en place une certaine dynamique, mais ça reste occasionnel. En plus, on ne peut pas faire aujourd’hui de films sans un partenaire étranger. Pour pouvoir réellement parler de renaissance, il faut revenir aux années 1970 et 1980 où il existait des infrastructures chargées de la production, de la réalisation et de la diffusion du produit cinématographique. C’est-à-dire il faut qu’il y ait une prise en charge de la part de l’Etat.»
S’exprimant en outre sur la crise de scénario, le réalisateur a dit : «Il y a, en effet, une crise de scénario.» Et d’expliquer : «Pour qu’un film soit bon, il faut qu’il y ait une bonne histoire. Le spectateur a besoin de s’éclater, de découvrir quelque chose qu’il ne connaît pas. Il y a ensuite la technique et l’esthétique qui font aussi un bon film. Si nos scénarios sont faibles, c’est parce qu’il y a des tabous au plan moral et politique qui interfèrent dans le travail du cinéaste. On est alors limité au niveau de l’écriture et de la critique.»
Ainsi, une écriture ouverte et émancipée, un regard critique et constructif permettent à coup sûr au cinéaste de réussir son film. D’où donc la nécessité de surmonter les obstacles en faisant fi des tabous moraux et des interdits politiques.
l Amateurs et professionnels soutiennent tous l’idée que le court-métrage et le documentaire, deux genres cinématographiques à part entière, se révèlent un vecteur de la relance du cinéma algérien. Il se trouve que cet avis n’est pas partagé par Ali Ghanem : «C’est un mensonge», a-t-il dit, expliquant : «Le court-métrage comme le documentaire sont une école, où l’on apprend le métier du cinéma. Il s’agit d’une école d’apprentissage.» Interrogé sur la place du cinéma algérien dans le paysage cinématographique arabe, Ali Ghanem a rappelé : «Le cinéma algérien y occupait une place importante dans les années 1970 et 1980, parce qu’il était le seul cinéma qui traitait du social et du politique.» Et de regretter : «Aujourd’hui, notre cinéma ne dépasse même pas nos frontières.» S’agissant du cinéma arabe, il dira que «c’est un petit cinéma, un cinéma de divertissement», voire «un cinéma de boulevard». Il est à rappeler que Ali Ghanem a réalisé plusieurs films, dont Mektoub (1970), L’autre France (1976), Une femme pour mon fils (1983). Son dernier film, coproduit par la télévision, est Chacun sa vie projeté, en avant-première, le 18 novembre, dans le cadre de «Alger, capitale de la culture arabe», avec le soutien de Sonatrach, Mobilis et l’Office national des droits d’auteur. «Je suis sur un autre projet», a-t-il confié, ajoutant : «Mon prochain film aura pour titre Les alliances, c’est l’histoire d’un homme partagé entre deux femmes, l’une vivant en Algérie et l’autre est Belge. Ces deux femmes se rencontrent à Paris et deviennent amies.»
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